03. Les mines de Potosi
- Le voyageur de l'extrême !

- 9 mars 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 août 2025
Potosí est une ville de Bolivie et la capitale du département de Potosí. Son nom vient du quechua ''Potojsi'' qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m. C'est une des villes les plus hautes du monde, construite au pied du Cerro Rico (« Montagne riche »), une montagne de minerai d'argent qui domine la ville de ses 4 782 m.

Potosí est fondée en 1545 pour exploiter la mine proche. Durant près de 60 ans, l'Europe bénéficie du métal précieux qu'exploite l'État espagnol : l'argent extrait de la montagne dans des quantités colossales est acheminé, de même que l'argent mexicain, en Espagne, via la Flotte des Indes. Il alimente les caisses de la couronne espagnole et sert à entretenir sa flotte, ses armées, et certains ouvrages de prestige. Les espagnols voleront les ressources naturelles de presque tout les pays d'Amérique du Sud au cours de leurs histoires.

Le minerai d'argent est extrait par le travail forcé des Indiens, institué par Francisco de Toledo par une transformation de l'institution inca de la mita. La ville devient rapidement la ville la plus peuplée d'Amérique derrière Mexico, avec au moins 200 000 habitants. Elle dépasse en tout cas Londres, Paris, Rome ou Séville de l'époque. Grâce à Potosi, le Haut Pérou, cette steppe d'une altitude moyenne de 3 000 mètres, devient la région la plus riche et la plus peuplée d'Amérique du Sud. Maintenant que les espagnols ont épuisé les mines, ils ont abandonné la ville et laissé la population s'appauvrir comme des esclaves affranchis.

Des milliers d'Indiens meurent des suites de problèmes respiratoires causés par la poussière dans les mines, ou bloqués dans celles-ci après des éboulements. On dit (avec beaucoup d'exagération) que la quantité d'argent extraite des mines de Potosí suffirait à construire un pont au-dessus de l'Atlantique pour relier Potosì à la péninsule Ibérique, mais les ossements de mineurs morts dans des accidents y suffiraient également.

Après 1800, l'argent se fait rare et l'étain devient la première ressource. La ville entame son déclin économique. Milieu XXe siècle, une compagnie nord-américaine exploite de l'étain et du zinc, et fait vivre 25 000 personnes. Aujourd'hui, bien que déclarées épuisées, les mines sont toujours exploitées artisanalement par les habitants, dans des conditions de sécurité toujours désastreuses pour les mineurs.

Une route relie la ville à Sucre, capitale constitutionnelle du pays, en trois bonnes heures de trajet. Une autre route conduit vers La Paz ou Cochabamba, via Oruro, une bonne nuit de trajet.

On peut difficilement faire l'impasse sur la visite des mines du Cerro Rico, pourtant fortement à déconseiller aux personnes claustrophobes ou facilement épuisées par la raréfaction de l'oxygène. En raison de l'activité tellurique, la température à l'intérieur atteint allègrement 30 °C, et l'atmosphère y est difficilement respirable.

Les visites sont organisées par des agences en partenariat avec des coopératives de mineurs, chaque agence rétrocédant à la coopérative une part du prix payé par les voyageurs. La visite de la mine dure en moyenne 2 heures. Les voyageurs arpentent les galeries et rencontrent des mineurs ici et là. Outre la visite de la mine à proprement parler, il est courant qu'un passage au marché des mineurs et dans une usine de traitement des minerais soit compris dans la visite.

Certains disent que les visites sont controversées en raison des conditions de travail des mineurs, mais je crois que c'est un mal nécessaire afin de démontrer dans quels conditions d'esclavage les espagnols et autres pays conquérants ont fait travailler les indiens de l'époque pour l'enrichissement de leurs pays.















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