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07. La Transpantaneira, 122 ponts de bois sur 145 km

  • Photo du rédacteur: Le voyageur de l'extrême !
    Le voyageur de l'extrême !
  • 6 mars 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 sept. 2025



La Transpantaneira, une route mythique, une légende sur roues. 145 kilomètres à travers le Pantanal, cette étendue infinie de marécages et de forêts inondées. Une route dont le nom suffit à faire rêver tous les amateurs d'aventure, de nature sauvage, et de solitude. Ce n’est pas une simple route, mais un passage entre deux mondes : celui de l’homme et celui de la nature brute, au cœur de l’un des écosystèmes les plus fascinants de la planète.

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En arrivant à la Transpantaneira, tu comprends tout de suite : ce n’est pas une route comme les autres. Elle commence à Poconé, et s'étire à travers l'immensité de la plaine inondée du Pantanal, serpentant parmi les forêts de palmiers, les lacs, les marécages, et, bien sûr, les ponts de bois. Ce qui marque, ce sont ces 122 ponts de bois qui jalonnent la route, chacun unique, chaque travée semblant aussi fragile que l’équilibre même du Pantanal.

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Les ponts, c’est la vraie signature de la Transpantaneira. Dès que tu te retrouves sur cette route, tu sais que tu vas en traverser un, puis un autre, puis encore un autre. Le mouvement des véhicules change au fur et à mesure qu'on passe sur les ponts — un petit soulèvement, un léger balancement, comme si la route elle-même respirait, hésitante, sous le poids des passants. Parfois, les ponts sont si étroits qu'il faut vraiment manœuvrer avec précision, et si la voiture est trop large, tu peux avoir cette sensation étrange de rouler presque sur le vide.

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Le paysage autour est extraordinaire. Une merveille naturelle à perte de vue. Le Pantanal, c’est la plus grande zone humide du monde, un endroit où la terre semble se fondre avec l’eau, et où la vie déborde dans tous les sens. La route serpente entre des pâturages pour les bovins (une activité locale assez répandue ici), mais tu croises aussi des caïmans qui dorment sous les arbres, des capybaras en groupe, des oiseaux de toutes les couleurs qui traversent le ciel, des herons qui survolent les marécages, et bien sûr, des jaguars (si tu as de la chance). Mais surtout, tu sens cette présence irrésistible de la nature qui te domine.

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Les ponts ne sont pas seulement des passages. Ils marquent une frontière. Chaque fois que je traversais l’un de ces ponts de bois, c’était un peu comme si j’étais transporté dans une autre dimension. De l’autre côté, c’est l’inconnu. Des plaines d’eau jusqu’à l’horizon, des forêts inondées, des végétations luxuriantes qui bougent avec le vent, et des oiseaux qui volent au-dessus de l’eau. C’est comme si tu étais sur le point de découvrir quelque chose que tu n’as jamais vu, ou même quelque chose que l’homme n’a jamais vu.

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Les ponts sont aussi des lieux où l’on croise souvent des locaux. Des gens à cheval, des vachers qui mènent des troupeaux de bétail, des pêcheurs qui viennent chercher leur fortune dans les rivières. Mais en dehors de ces petites rencontres, la route semble solitaire. Par moments, tu as la sensation d’être seul au monde. Seul face à cette merveille brute.

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Ce qui me frappe le plus ici, c’est la fragilité de cet endroit. Le Pantanal est un écosystème si précieux et pourtant si vulnérable. Si tu te perds dans ses méandres, tu es pris dans cette sorte de création éternelle où l’homme et la nature coexistent, sans jamais dominer l’autre. Les ponts de bois sont peut-être la meilleure représentation de cela : des structures temporaires, mais solides dans leur simplicité, qui s’intègrent sans forcer dans ce paysage presque irréel. Chaque pont est un petit acte de résistance de l’humanité face à une nature qui, elle, est là depuis des millions d’années.

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Au final, la Transpantaneira ne ressemble pas à une simple route. C’est un rituel, une passerelle entre la civilisation et un univers de nature pure. Une aventure sans fin où chaque pont te rappelle que tu es à la frontière entre deux mondes, l’un façonné par l’homme, l’autre façonné par le temps qui aboutit au petit port de Porto Joffre.

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Je ne sais pas si un jour je reviendrai ici, mais pour l’instant, cette route m’a offert un moment suspendu,

où l’homme et la nature ont su se rencontrer sans se heurter.






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